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Vocalys, le groupe vocal de 1356, recrute.
Dimanche 18 septembre 1356 : La trêve de Dieu
   
 
Le soleil se lève découvrant la topographie des lieux ou sont installées les deux armées. Tout au sud, le bois de Nouaillé véritable bloc de verdure impénétrable sauf à pied. Les anglo-gascons y sont retranchés, d'autant mieux protégés que seul un chemin de terre conduit jusqu'à eux. C'est un mauvais passage, un « malpertuis » étroit entre haies et fossés, boueux et glissant véritable chausse-trappe qui court depuis l'Hopitau de Beauvoir, traverse Bernon, La Doterie, Les Bordes et descend en pente douce jusqu'au gué de l'omme ou il traverse le Miosson pour rejoindre la route de La Villedieu. Vers le Nord-ouest, un autre gué, celui du Russon ou le Miosson alimente le marais de Villeneuve. En face s'élève un terrain de guérets: Le champ Alexandre. A l'est, la voie romaine et le plateau de Beauvoir, logis de l'armée de France.
C'est là que le roi Jean fait chanter messe sous sa tente, entouré de ses 4 fils et de ses principaux chevaliers. Tous sont pour une attaque immédiate.
 
Au cri de France : « Montjoie, St Denis » se forment les batailles et les compagnies. Mais malgré ces apparences d'agencement, ce semblant d'ordre, l'armée royale n'est pas en « corps constitués et solidaires ». Elle n'est qu'un amas de chevaliers commandant seulement leurs gens, venus « rendre leur service au roi » sans esprit d'armée nationale. Et c'est là sa grande faiblesse.
Ces groupes de bataille sont placés, selon l'usage féodal, sous le haut commandement des membres de la famille royale. Pour plus d'efficacité, le Roi place en appui auprès de ces fils des chevaliers d'élites, conseillers énergiques et avisés véritables meneurs d'hommes.
Prudent, le Roi envoie une troupe d'éclaireurs menée par Messires de Ribemont et Guichard D'Angles étudier la position anglo-gasconne. Cette observation détermine la tactique à employer : « Tous à pied sauf 300 cavaliers pour ouvrir une brèche en leurs rangs ». L'armée royale suivant cette préconisation se met en ordre de bataille.
C'est alors qu'intervient le cardinal Elie de Talleyrand Périgord envoyé par le Pape afin de négocier la paix entre les deux camps. Contrairement au Prince Noir qui conscient de ses faiblesses semble accepter de négocier, le Roi Jean et ses conseillers ne veulent pas transiger avec ceux qu'ils nomment « pillards et criminels ». Il faut une habileté du cardinal pour faire repousser l'affrontement au lendemain : La trêve de Dieu. A quelques lieux de Poitiers qui est « la ville sainte de la paix de dieu », le roi de France ne peut que se soumettre à cet ordre chrétien supérieur à l'ordre royal qu'il représente. Il accorde donc son dimanche de paix à Dieu. Chaque camp passe le temps à sa manière, pendant que les anglo-gascons fortifient leurs positions dans le bois de Nouaillé, les français paradent, étalent leur luxe et ripaillent sans penser au lendemain.
 
   
Samedi 17 septembre 1356 : La rencontre fortuite Lundi 19 septembre 1356 : La bataille du Roi