Actualités 1356
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Vocalys, le groupe vocal de 1356, recrute.
Conteur Il n'y a point si longtemps de cela un cadet, jeune et fort beau, battait la campagne. Quand notre héros, rencontrait : bon vin , bon gîte et belle chambrière , il n'était pas de ceux qui laissait sa part au voisin. Advint qu'un jour, passant dans un village il vit passer une dame jolie, leste et gracieuse, son cœur en fut tout bouleversé. Vite il voulut s'enquérir du nom de la jeune beauté
(S’adressant au jeune homme) C'est la dame du village, Messire Bon l'a prise en mariage, il est vieux et for laid, mais son bien supplée au défaut de son âge.
Cadet Cette beauté ne mérite pas un si vilain barbon. Je pense faire œuvre charitable en devenant celui qui remplira son cœur.
Conteur Notre cadet échafauda un plan fort ingénieux pour approcher la dame. Il se rendit au château de Messire Bon, là, il dit qu'il cherchait maître et qu'il savait tout faire.
Messire Bon Jeune homme vous me sembler capable et  honnête, je vais vous employer comme fauconnier vous m'accompagnerez à la chasse
La Dame (au public) Voilà un valet fort avenant, à qui je demanderai bien quelques conseils en vénerie.
Conteur Le galant ne tarda pas a déclarer sa flamme, mais le vieillard était fou de sa femme, et fort peu la quittait sinon les jours ou il allait à la chasse Son fauconnier, qui pour lors le suivait, eût demeuré volontiers en sa place Alors le dieu Amour, prit cœur à l'affaire, et leur inspira la ruse que voici.
La Dame ( au mari) Mon bon mari, qui ,de tous vos gens ,croyez-vous le plus rempli de zèle?
Messire Bon Ma foi, j'ai toujours cru le fauconnier garçon sage et fidèle...
La Dame Ah ! mon dieu lui ! C'est un méchant: il me tint l'autre fois propos d'amour, dont je fut si surprise, que je pensai tomber de tout mon haut
Messire Bon Ah ! le maraud, le foutriquet.
Cadet Dieu que ma dame joue bien la comédie.
La Dame Je voulus l'étrangler le maudire, et m'enfuir. Mais pour mieux le perdre, je fit semblant de condescendre à ses avances, et je lui donnai rendez-vous ce soir, à la nuit, sous le poirier du jardin.
Messire Bon Ah ma femme, quelle rusée vous faites !
Cadet (au public) Quelle rusée en effet.
La Dame Mon époux, mon mari, allez vous-même attraper le vilain, au jardin ce soir. Prenez une jupe et contrefaites-vous en femme, vous entendrez alors son insolence extrême, et je vous charge de lui donner à ma place les coups de bâtons qu'il mérite.
Conteur Et c'est ainsi qu'à la nuit tombée tous nos acteurs se mettent en place, notre vieillard déguisé en sa femme fait le guet sous le poirier, en mourant quasiment de froid, tant la nuit est fraîche et nos deux tourtereaux en profitent pour se réchauffer à l'intérieur de la maison, entre deux draps.
Cadet Ah ma douce amie, le temps s'arrête, quand tes bras m'enlacent et quand tes yeux me regardent. Mais il faut que je m'occupe de ton cocu de mari, qui attend l'amant que je suis.
Messire Bon (frigorifié) Mais que fait-il ce fauconnier de malheur ? Ah ! j'entends du bruit, ce doit être lui.
Cadet Ah, te voilà donc méchante femme ?
Messire Bon (au public) Méchante femme ?!
Cadet Comment as-tu osé me donner rendez-vous ? Tu voulais donc vraiment tromper ton mari ?
Messire Bon Mais qu'est ce à dire ?
Cadet Oh, femme infidèle, que j'ai honte pour toi.
Messire Bon (au public) Il a honte ?
Conteur (caché) Il a honte !
La Dame (caché) Il a honte !
Cadet Comment oses-tu vouloir cocufier un mari si bon ! (il tape sur Messire Bon avec un bâton)
Messire Bon Aïe !! Comme je suis heureux !
Cadet Un mari si beau et si aimant  (il tape à nouveau
Messire Bon Aïe! ouï! Quel ami fidèle, quelle femme merveilleuse !
Cadet Je ne t'ai séduit que pour éprouver ta foi, et toi tu es venu tromper ton mari ; un homme si juste et si droit ! (il tape à nouveau)
Messire Bon Aïe! Ah ! Je n'en peux plus de bonheur ! (prenant la voix de femme) Merci de la leçon brave cadet et laisse moi retrouver mon doux mari, ne tape plus je t'en supplie !
Cadet Va ! femme volage tu n'es pas digne de ton maître (il sort)
La Dame (elle entre ) Alors mon mari quelle nouvelle ?
Messire Bon Ah ! Ma mie, quand nous pourrions vivre cent ans encore, ni vous ni moi n'aurions de notre vie un tel valet ; c'est sans doute un trésor. Et je veux qu'à l'avenir vous le traitiez comme moi.
La Dame Ah ça mon ami je n'aurai point de difficultés à le faire.
Conteur Et voilà mes compères, comment en quelques ruses, battre un cocu et le rendre heureux.