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Samedi 17 septembre 1356 : La rencontre fortuite
   
 
Sûr de son fait et de sa force, certain d'écraser le Prince Noir et de venger ainsi son père vaincu à Crécy 10 ans plus tôt, le Roi de France Jean II se lance dans une course poursuite effrénée. Mais encore faut-il trouver les Anglo-gascons. Aucune des deux armées ne connaît la position de l'autre, elles se savent seulement très proches. A Châtellerault où ils sont, les Anglo-gascons s'affrontent en deux camps : les prudents et les audacieux. Les premiers veulent se replier au plus vite vers l'Aquitaine, terre anglaise, mettre à l'abri l'énorme butin amassé au cours des chevauchées en Périgord, Berry et Touraine. Les seconds, menés par le captal de Buch, Jean de Grailly, chef des mercenaires Gascons veulent encore piller quitte à affronter l'armée de France et ses riches chevaliers rançonnables à merci.

Se doutant que le Roi de France cherche à lui couper la retraite, le Prince Noir choisit la prudence. Sa troupe quitte Châtellerault et longe l'est de la forêt de Moulière direction plein sud vers Poitiers et Bordeaux.
 
Déjà arrivé plus au sud à Chauvigny, le Roi Jean mène grand train son armée sans répit, lui fait franchir dans la nuit la Vienne direction Poitiers qu'il pense menacée. Cette manœuvre lui permettra, pense t'il, de couper la retraite aux Anglo-gascons en empruntant la voie romaine Bourges-Poitiers suffisamment large pour supporter telle chevauchée.
Un événement fortuit va précipiter la rencontre. Trois nobles chevaliers français, proches du roi, choisissent de rester avec leurs gens à Chauvigny pour franchir à leur gré, en plein jour le seul pont encombré par les chariots et les hommes de l'armée royale. Usant ainsi, même « mobilisés » par le roi, de leur droit seigneurial supérieur à l'intérêt de l'unité française mais tellement archaïque qu'il porte à coup sûr les germes de la défaite.

Dédaignant la voie romaine devenue incommode par les pluies et la chevauchée du roi, ils partent à travers landes, bois et bruyères pensant mieux rattraper l'armée royale avant Poitiers. Sans le savoir, ils s'en vont donner en plein dans les anglo-gascons dont la marche est masquée par la forêt. Vers la Chaboterie, au sud de la forêt, ils tombent sur des éclaireurs anglais et sans hésitation, sans penser à informer le roi, ils chargent heaumes baissés cette troupe « pesant peu de chose » et tombent alors dans le piège tendu par les chefs anglais. Les trois grands barons sont pris et rançonnés. Quelques fugitifs s'en vont raconter la mésaventure au roi Jean alors qu'il rentre juste dans Poitiers. L'affaire de la Chaboterie, si déplaisante soit-elle, fournit un renseignement fort utile : Le Roi de France sait enfin ou est le Prince Noir. Il fait demi-tour et emprunte la voie romaine de Limoges, moins piétinée que celle de Bourges. Ce samedi 17 au soir fort tard, l'armée royale organise son campement dans les plaines de Beauvoir qui offrent des paysages découverts, commodes pour la surveillance de l'horizon.

Pendant ce temps, tout à leur joie de l'escarmouche réussie, les anglo-gascons sur ordre de John Chandos, gouverneur du Prince Noir, se rassemblent au manoir épiscopal de Savigny entre les deux voies romaines. Les deux armées sont presque à se toucher. Mais les moines de ce lieu arrivent à convaincre, moyennant quelques vivres, les anglo-gascons de rejoindre l'abbaye de Nouaillé toute proche qui offre une forêt inextricable, véritable forteresse naturelle ou ils installent leur campement en début de nuit. Pendant que les français rêvent de victoire, les anglo-gascons tenaillés par la faim, la soif et l'envie tiennent un conseil de guerre : Fuir ou rester combattre ?
 
   
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